FHCS Newsletter mensuelle – Mai 2023

NEWSLETTER
mensuelle
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Le 24. mai 2023

Chères adhérentes, chers adhérents,


Contenu

Nous avons besoin de vous !

Le conseil d’administration souhaite constituer une équipe de bénévoles, (une dizaine de personnes) afin de le soulager lors de l’organisation des événements à savoir les Assemblées générales, les concours ou encore lors de la tenue de notre stand au sommet de l’élevage.

Il s’agit pour l’association d’avoir une équipe qui serait volontaire afin de nous aider lors des événements. Cette équipe serait en charge :

  • de tenir une buvette lors des événements,
  • tenir le magasin de l’association pendant les concours,
  • occuper le stand de l’association lors du sommet de l’élevage,
  • nous aider lors des concours à préparer le ring, orchestrer les entrées et sorties des animaux sur le ring, organiser l’opérationel des arrivées sur site des animaux etc…
  • organiser la restauration pendant les concours pour les adhérents.

En étant volontaire, il ne s’agit pas de vous engager à être là à tous les événements mais simplement, si vous le souhaitez, prendre la responsabilité de quelques tâches dans l’organisation pratique de la vie de l’association. Afin de faire vivre notre association et développer l’esprit familial, le conseil d’administration compte sur vous ! Si vous êtes intéressé, envoyer nous un petit message par email (contact@fhcs.fr) ou facebook sur le compte du CA Highland.

Sommet de l’élevage à Cournon du 3 au 6 Octobre 2023

Sommet de
                l'élevageCette année nous avons la chance de passer de 4 à 6 animaux en présentation pour le sommet de l’élevage. Nous souhaitons que tous les adhérents qui le désirent puissent venir présenter un animal lors de ce grand rassemblement. C’est une belle opportunité d’abord pour notre race afin de mieux la faire connaître, mais aussi pour donner de la visibilité à vos élevages.

Les animaux doivent avant tout être manipulés et dociles. Ils passeront en présentation sur un ring à plusieurs reprises lors de l’événement.

Si vous souhaitez amener un animal en présentation, merci de vous signaler. La sélection se fera au travers d’une vidéo permettant de vérifier que l’animal est manipulé et de quelques photos (à minima une de face, une de profil et une ¾ arrière afin de vérifier la conformation). La date limite pour candidater est fixée au 31 Juillet 2023.

Vous pouvez présenter votre animal dans les classes suivantes :

  • Taureaux adultes 3 ans et + (2 places)
  • Vaches ou génisses de 3 ans et + (4 places) ou vache suitée
  • Un veau manipulé

Concours National Adultes 2023

Devant le grand succès qu’a connu notre premier concours jeunes, le Conseil d’Administration étudie la possibilité d’organiser un concours national adultes à l’automne probablement fin octobre/ novembre. Vous pouvez d’ores et déjà opérer une sélection parmi vos animaux afin d’y participer. Nous accueillerons également toutes les bonnes volontés pour agrandir l’équipe de bénévoles que nous sommes afin de faire de cette manifestation une nouvelle réussite.

Témoignage sur le pâturage tournant à 1000m d’altitude au cœur du Massif Central

Julien Delmas, éleveur de Highland Cattle « les jardins de hautes Auvergne » nous partage son expérience sur la pratique du pâturage.

Définition : Le pâturage tournant dynamique repose sur la division des prairies en parcelles de petites tailles, un chargement instantané élevé et un temps de séjour des animaux court (entre 0,5 et 3 jours). L’objectif est de permettre une production d’herbe en quantité et en qualité, sur la plus grande période possible.

Le but est de pâturer le plus longtemps possible, une herbe de qualité (tendre : non montée en épis) et en quantité, ce qui permet d’économiser du foin et en plus de garder plus de parcelles pour en faire. Le but étant de viser l’autonomie . Sauf quand il y a de la neige, les troupeaux (vaches, bœufs et taurillons, génisses) tournent en permanence sur toutes les parcelles. »

Schéma illustrant la pratique du pâturage tournant dynamique :
rotation
                pâturage
(Schéma tiré de : https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/P%C3%A2turage_tournant_dynamique#/media/Fichier:Schemaptd.png)
Mise en pratique chez Julien Delmas :

« A la sortie de l’hiver, vers début/mi mars (repère : floraison des Forsythias)  le “déprimage” des parcelles de fauche commence. Nous faisons tourner les animaux exclusivement dans les parcelles de fauche. Nous n’avons pas encore beaucoup d’herbe dans les parcs, nous faisons donc tourner les animaux avec les râteliers à foin. Cette pratique permet une fumure de mes prairies et d’attendre que l’herbe soit suffisante dans les parcelles de pâturage exclusif.

Vers début/mi avril, ce tour rapide (environ 20 UGB/ha/2 jours) doit être terminé, pour laisser à l’herbe le temps de repousser dans les parcelles destinées à la fauche et ainsi ne pas compromettre la quantité de foin. Un hersage des bouses et des taupinières à la sortie de chaque parcelle permet de favoriser une bonne repousse. J’y retournerai seulement fin juin début juillet pour faucher.

Le pâturage tournant dynamique commence ensuite sur les parcelles réservées pour cela, plus besoin de foin, la quantité est normalement suffisante.

Au début, j’ai fait des pleines pages de calculs avec ce que j’ai trouvé sur le net et des heures sur Géoportail pour mesurer les surfaces ! Ce que j’ai compris c’est qu’il faut un point d’eau et de l’ombre dans chaque paddock et pas plus de 3 jours de présence des animaux pour ne pas attaquer les repousses et ainsi ne pas stresser l’herbe afin d’en avoir de la fraîche et bonne régulièrement.

C’est André Voisin (ingénieur agronome) qui a montré dès 1957 comment pâturer pour de belles et bonnes prairies. L’herbe ne supporte pas le surpâturage, lorsque la base des feuilles est attaqué, se sont les réserves qui servent à la repousse qui le sont et la plante déclenche un mécanisme de protection. Elle repousse plus petite et moins vite. Si elle est encore broutée les jours suivants, elle aura encore plus de mal à repousser.

Les animaux mangent ce qu’ils préfèrent en premier (les bonnes feuilles) et reviennent plus facilement les jours suivants sur les tiges de leurs plantes préférées que sur celles plus coriaces ; ainsi les meilleures plantes (du point de vue des vaches) sont surpaturées et les moins bonnes prolifèrent. D’où le “beaucoup d’animaux sur une petite surface et pas longtemps” : comme ça tout est consommé et rien n’est abimé.

Dans mon contexte, je suis parti avec environ 400m2 par UGB pour 2 jours.

Une fois qu’on a la surface de base d’un paddock, il m’en faut 15 ou 16 identiques pour un tour complet en 30-32 jours (moyenne de pousse de l’herbe, 20 jours en plein printemps chaud et humide et 40 jours en été).

Ensuite, je ne me tracasse pas trop, même si l’homogénéité de l’herbe n’est pas parfaite dans les paddocks, ce ne sont pas des vaches laitières…

J’ai donc constitué des paddocks de 4000m2, 5000m2, et d’autres de 8000m2, 10000m2 pour les vaches suivant le terrain, la configuration, l’orientation, le pente, le boisement, etc. Pour ma douzaine de génisses de renouvellement, la taille de mes paddocks fait environ 2500 m2.

Pour certain paddock je les laisse 2 jours, d’autres 3 jours, ou même qu’un jour au début du printemps quand il n’y a pas encore assez d’herbe. Ceux qui n’étaient pas divisibles facilement, et sont trop grands pour 2 jours : je mets un fil que je déplace pour garder de l’herbe pour le 3 ème jour.

En général je peux faire 4 tours de pâturage jusqu’à mi août sur ces parcelles.

En fin d’été, l’herbe poussant bien moins vite, au dernier tour, je ne peux pas revenir au premier paddock (pas assez d’herbe), les troupeaux iront sur les parcelles qui ont été fauchées il y a plus d’1 mois et demi jusqu’à mi septembre. Il y alors ensuite assez d’herbe dans les paddocks pour un autre de pâturage, puis de nouveau dans les prés de fauche pour environ un mois, un autre mois dans les paddocks et on se rapproche de la fin de l’année. Il faut penser à voir s’il y a encore assez de quantité d’herbe ; si elle est trop fine et que les vaches ruminent moins de 40 coup de mâchoires il faut apporter du foin… jusqu’au mois d’avril…et ainsi va la vie de paysan de montagne saison après saison !

Quel bonheur de faire le tour des troupeaux tous les 2 jours et d’être accueilli comme un prince, d’ouvrir la barrière et de faire passer ses vaches devant soi dans une nouvelle parcelle bien verte.

Pour les paddocks : le plus simple est d’avoir une fontaine au milieu d’une grande parcelle bocagère et de découper en rectangles identiques … en éventail avec une fontaine sur le côté ça marche bien aussi. Ce n’est pas mon cas : parcelles tout en long, en forte pente, boisées, sans eau (rotation avec tonne et bacs), parcellaire non groupé et ça fonctionne quand même.
Une autre solution est de faire pâturer au fil, mais fil avant et fil arrière, pour laisser repousser lorsque le troupeau est passé.

Les repères que l’on trouve facilement pour le pâturage sont :

  • entrée dans la parcelle 12-15 cm (mi-botte) sortie de la parcelle 5cm (talon), –
  • ne jamais descendre en dessous de 3 cm (semelle)
  • au- dessus de 15-20 cm (mi botte) il y a gaspillage d’herbe.

Bien sûr il y la théorie et la pratique, chaque ferme est différente, chaque région ou climat à une pousse d’herbe différente en quantité, qualité et durée, et chacun fait comme il veut… mais ça reste très intuitif, il suffit presque de suivre le désir des vaches !

Les Intérêts du Pâturages Tournant Dynamique en quelques points

  • Le respect du temps de repos de l’herbe permet d’améliorer la productivité et la qualité des prairies.
  • Meilleure valorisation de la prairie grâce à sa diversité d’espèces.
  • Tend vers une régression des adventices et au développement du trèfle.
  • Activation d’un cycle biologique vertueux.
  • Le développement racinaire des plantes est maximal et celles-ci résistent donc mieux à la sécheresse.
  • Augmentation de la capacité de stockage de carbone.
  • Valorisation des effluents d’élevage grâce à un temps de pâture plus long.
  • Meilleure productivité du troupeau qui pâture une herbe de meilleure qualité.
  • Les animaux sont habitués à changer fréquemment de paddock, et sont donc plus dociles. Leur surveillance est facilitée.
  • Réduction de la fertilisation azotée : répartition homogène des déjections et présence du trèfle qui fixe l’azote atmosphérique. Moins de risque de lessivage.
  • Réduction d’utilisation de fioul (moins de fauche, réduction de la part d’aliments importés).
  • Réduction des achats d’intrants (fertilisants chimiques, produits phytosanitaires, fourrages, concentrés).
  • Réduction des charges de mécanisation.
  • Modification du raisonnement du système : le travail est basé sur une observation de la pousse de l’herbe et du comportement des animaux -> réapprentissage des repères de conduite de pâturage nécessaire.
  • L’éleveur peut améliorer son autonomie alimentaire voire l’atteindre complètement. Ce système de pâturage pourrait aider par exemple à l’autonomie protéique.

Points de vigilance

  • Prévoir les investissements pour le nouvel aménagement (implantation des chemins, des clôtures et des points d’eau) et bien le réfléchir en amont ainsi que la rotation pour anticiper les accidents. Des surcoûts importants de réaménagement seront ainsi évités.
  • Si les animaux deviennent plus dociles avec le temps, il est tout de même nécessaire d’effectuer une certain “dressage” lors de la mise en place du système.
  • Compliqué à mettre en place sur un parcellaire non regroupé.
  • Technicité dans la gestion des entrées sorties de parcelles et ou dans la complémentation.
  • Temps consacré à l’observation important.
  • Il est parfois nécessaire de faucher des parcelles lors des excédents au printemps.
  • Éviter le surpâturage.

Bon pâturage à tous !


 

 

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