Chères
adhérentes, chers adhérents,
Contenu
Sommet de l’élevage à Cournon du 3 au
6 octobre 2023
Concours national adultes 2023
Avancement du logiciel
Dossier OS
Rencontre avec David Grunenberger
Sommet de l’élevage à Cournon du 3 au 6 octobre 2023
Six animaux représenteront la race Highland lors de ce
grand rassemblement, n’hésitez pas à venir nous voir sur
notre stand. Si vous êtes intéressés pour nous aider à
animer le stand pendant une journée, vous êtes les
bienvenus ! Vous pouvez nous le faire savoir en nous
envoyant un mail à contact@fhcs.fr
Concours national adultes 2023
Notre concours national aura lieu le dimanche 22 octobre
à Saint Flour dans le Cantal. Nous sommes très heureux et
honoré d’accueillir Liz Shaw pour juger notre concours
adultes 2023, qui a travaillé dans plusieurs élevages tels
que Pollok, Killochries ou encore Goldenberry. Elle a déjà
participé à de nombreux évènements, notamment aux ventes à
Oban, au Royal Highland Show et a déjà jugé plusieurs
concours en Grande Bretagne, Allemagne ou Danemark. Cela
sera donc sa première venue en France.
Les catégories autorisées seront :
- mâles 2020
- femelles 2020
- mâles 2019
- femelles 2019
- mâles 2018 et avant
- femelles 2018 et avant
- vaches suitées
Nous vous apporterons plus de précisions sur la prochaine
newsletter, vous pouvez d’ores et déjà commencer à
entrainer vos animaux et nous espérons vous voir nombreux
lors de cet évènement ! Vous êtes également les bienvenus
si vous souhaitez nous aider lors de cette journée.
Avancement du logiciel
Notre projet d’obtenir un logiciel semblable à celui de
la Highland Cattle écossaise a malheureusement rencontré
un problème : le fournisseur du logiciel a perdu son
développeur et doit abandonner le projet, après avoir
travaillé dessus pendant plusieurs mois. Ceci est
clairement regrettable, nous avons donc trouvé une
entreprise française qui propose un logiciel de gestion de
troupeau, également intégré au système de l’Institut de
l’élevage. Cependant, de plus amples détails doivent être
encore élaborés à ce sujet que nous vous présenterons lors
des prochaines newsletters.
Dossier OS
L’équipe du CA travaille actuellement sur l’avancement de
l’Organisme de Sélection Highland, nous vous ferons
parvenir des informations très prochainement.
Rencontre avec David Grunenberger
Interview : rencontre avec David Grunenberger, éleveur de
chèvres et de vaches Highland Cattle dans les Vosges (88).
Fanny : Merci de nous accorder un entretien pour nous
parler de tes méthodes d’élevage et de tes impressions sur
le concours de Sancoins. Peux-tu te présenter ?
David : Je suis installé seul depuis octobre 2018 après la
reprise de l’exploitation familiale. L’exploitation est
située à 700 mètres d’altitude, j’élève 32 chèvres
laitières, une dizaine de chevrettes, 26 brebis, et une
dizaine d’agnelles. Toute la production est transformée en
yaourt et fromage frais. On est passé en monotraite depuis
peu pour se décharger en travail. Ma conjointe fait
actuellement une formation pour me rejoindre sur
l’exploitation.
Fanny : Depuis quand as-tu démarré l’élevage d’Highland
Cattle ?
David : En 2018, j’ai démarré avec un troupeau difficile ;
animaux pas ou peu domestiqués, très peu conformés, avec
les problèmes qui en découlent (contention…), j’ai cherché
à acheter d’autres animaux mais ils étaient hors de prix.
De ce troupeau, j’ai gardé 2 génisses que j’ai
apprivoisées suffisamment pour pouvoir les faire marcher
au licol.
Et je suis reparti de ces 2 génisses, j’ai ensuite acheté
un taureau, une autre vache, et 2vaches en Belgique, je
possède 14 animaux actuellement. Mon objectif est
d’atteindre les 10 mères (5 actuellement).
Fanny : Quels sont les débouchés prévus ?
David : La viande mais pas seulement ! Mon exploitation
se situe en montagne avec des parcelles non mécanisables.
C’est vraiment la grande pente, un quad peut passer et
encore il faut s’accrocher ! Nous avions 2 hypothèses
pour broyer les refus après le passage des chèvres : La
possibilité d’acheter un broyeur à 15 000 € avec les
contraintes de temps de travail que cela induit (32
hectares à entretenir avec des rochers dans certaines
parcelles), ou acheter des Highlands. J’ai préféré
investir dans les vaches, plutôt que dans des machines !
Cela me semblait plus cohérent par rapport à ma
philosophie d’élevage. Mon exploitation est peu mécanisée
c’est un choix. Je préfère investir dans des animaux que
dans des engins. Aussi, on avait un problème de
parasitisme sur les ovins, malgré qu’on ne soit pas en bio
notre objectif est d’utiliser le moins possible de
vermifuges. On a fait évoluer nos pratiques, notamment à
travers le pâturage tournant sur nos chèvres laitières,
elles restent en général 2 à 3 jours par paddocks, on ne
les laisse pas raser les parcelles justement pour limiter
le parasitisme. Cette année nous n’avons pas encore
vermifugé nos chèvres. La problématique avec les
vermifuges sur les chèvres laitières est que les
vermifuges qui fonctionnent le mieux nous obligent à jeter
le lait pendant plusieurs jours, et comme il s’agit de
notre activité principale, moins on en jette mieux on se
porte !
Fanny : Peux-tu nous en dire un peu plus sur la
cohabitation chèvres / Highlands ?
David : Ce sont des parcs de 50 à 70 ares, les chèvres n’y
restent que 2 à 3 jours alors que les Highlands (5 vaches
1 taureau 4 veaux) qui suivent y restent encore 1 semaine.
Je n’ai pas problème de parasitisme sur mes vaches pour
l’instant. J’ai fait des coprologies qui se sont révélées
très correctes. A l’avenir j’aimerais mettre des bœufs
derrière les chèvres, actuellement je ne pousse pas les
highlands à raser la parcelle pour ne pas pénaliser la
croissance des veaux (vaches en lactation).
Fanny : Et justement comment tu clôtures tes parcelles ?
David : On est en clôture Nylon, on a beaucoup de
propriétaires qui nous louent des terres de manière
précaire.
Fanny : Les chèvres sont réputées pour ne pas respecter
les clôtures, tu arrives à les y tenir ?
David : Oui en général pas de problème, ces temps-ci la
météo très sèche fait que la prise de terre est moins
bonne mais notre système de pâturage tournant fait
qu’elles ont de l’herbe fraîche à manger chaque jour, du
coup peu de tentations !
Fanny : En mars 2023, l’association a organisé un concours
Jeunes bovins à Sancoins, c’était ta première
participation est ce que tu peux nous parler de ton
ressenti ?
David : Je me suis beaucoup intéressé à la génétique et je
souhaitais savoir si j‘allais dans la bonne direction. Mon
but c’est d’avoir 8 – 10 vaches mais de bonnes vaches !
Pour mon élevage je cherche un type d’animaux courts sur
pattes, avec de très bons aplombs et avec une bonne
qualité bouchère, mon objectif est d’en vivre. Compte tenu
des spécificités de mon élevage (altitude, pente, pas
d’herbe de fin octobre jusqu’à avril), la rusticité est
également primordiale. Le veau que j’ai envoyé avait un
bon GMQ, et pourtant il a été nourri 100% à l’herbe. J’ai
également été motivé par un membre du conseil
d’administration.
Fanny : Est-ce que tu complémentes tes animaux à un moment
donné ?
David : Au sevrage, je complémente avec un peu de granulés
sans OGM, un aliment pour les chèvres à 18 MAT à hauteur
de 100 à 200 g (puis passage de 200 à 100g/ jour), ce qui
permet aussi de domestiquer les veaux plus facilement. Je
donne un peu de pain aux vaches afin de garder un lien
avec les animaux et ainsi de faciliter les transferts, le
pain n’est pas forcément bon pour leur organisme et cela
les rend complètement fadas, alors je passe
progressivement aux granulés. On déplace beaucoup nos
vaches, on a des parcelles éloignées et il y a des chemins
à traverser, des routes, des parcelles à côté des brebis
etc. La docilité des animaux est donc primordiale pour
pouvoir travailler sereinement.
Fanny : Quels ont été les critères pour sélectionner un
animal pour le concours de Sancoins ?
David : J’avais un seul veau entier, il était beau ! Sa
mère a une bonne génétique avec une bonne conformation,
une bonne croissance, de bons aplombs. Son père avait
également une bonne génétique. Je me suis dit c’est le
moment ! Le but était de participer et même si on est
dernier, l’objectif est de se comparer par rapport aux
autres animaux pour pouvoir avancer.
Fanny : Qu’est-ce que tu appelles bonne génétique
justement ?
David : La grand-mère du taureau a été importée d’Ecosse
parmi les premières vaches. Nous, on est tous les jours
avec nos animaux, on ne voit pas les choses grandir, on ne
voit pas les choses se développer d’un même œil qu’un avis
extérieur. Il y avait 7 taureaux 2022 dans la catégorie à
Sancoins. De les voir tous alignés nous permet de savoir
si on ne fait pas de surpâturage (si les mères ont eu
assez de lait pour nourrir leurs veaux), de pouvoir les
comparer les uns avec les autres, d’évaluer les capacités
laitières et la croissance de différentes lignées. Un
concours il n’y a rien de mieux pour pouvoir comparer.
Cela nous permet également d’avoir l’avis d’un juge
international et de nous améliorer afin de savoir quels
sont les critères sur lesquels il faut travailler. Selon
moi, en France, on a beaucoup de territoires différents,
et par conséquent beaucoup de typologies différentes
d’animaux. On cherche tous la bête adaptée à notre
environnement, un animal en Bretagne ne sera pas forcément
adapté à un territoire montagneux. En Allemagne les
animaux sont beaucoup plus linéaires, le paysage est
plutôt plat. En Belgique, il n’y a pas non plus de grandes
différences d’un élevage à un autre. En France, d’un
élevage à l’autre les différences sont vraiment
importantes. Cela nous permet de définir nos goûts.
Fanny : Est-ce que tu as fait des choses spécifiques pour
la préparation au concours ?
David : Par le passé, j’ai rencontré des difficultés avec
une génisse qui ne respectait pas les clôtures, j’ai passé
jusqu’à une journée entière pour la récupérer. Cela a été
ma première motivation pour la manipulation des animaux,
ne plus être sur le qui-vive, ne plus devoir courir après
des animaux craintifs. Je ne voulais plus être stressé
lors des contentions pour des interventions par des
vétérinaires ou par moi.
Fanny : A quel âge as-tu sevré ce veau ?
David : Je n’ai pas vraiment d’âge pour le sevrage. En
l’occurrence ce veau a été sevré à 8 mois, sa mère
commençait à le chasser, je n’avais pas envie qu’il perde
de l’état. On l’a rentré en box, mis au foin, complémenté
avec un peu de granulés. Puis on l’a mis à l’attache dans
la journée. Il a rapidement compris et au bout d’une heure
il a arrêté de tirer. C’était un veau que je n’arrivais
pas à approcher au champ.

Fanny : Et pour l’apprentissage au licol ?
David : On leur apprend à marcher avec un seau
progressivement 5m puis 10m puis 15 etc… C’est important
d’avoir un bon point d’attache. C’est un travail pour la
toute la vie, qui permet de se sécuriser face à des animaux
qui sont quand même puissants.
Fanny : Et combien de temps tu penses que ça prend pour
obtenir des résultats ?
David : Tout dépend de l’âge auquel on démarre et de la
période. J’ai déjà fait sur des animaux d’un an et demi et
cela m’a pris entre 3 et 4 mois pour qu’ils marchent bien au
licol. Lorsque l’on prend les animaux au sevrage, l’animal
a perdu ses repères, il est plus facile de le domestiquer
tout en gardant en tête qu’il y a des animaux qui ne sont
pas domesticables (un faible pourcentage mais il existe
quand même). En 1 mois et demi il savait marcher au licol,
puis une semaine avant Sancoins on a repris le travail. Il
était resté en box pour faciliter le travail.
Fanny : Qu’utilises-tu comme matériel ?
David : Avant j’utilisais les licols Decathlon, désormais
j’utilise les licols vendus par l’association, ils sont très
costauds et serrent bien la mâchoire ce qui permet d’obtenir
des résultats plus rapidement.
Fanny : L’arrivée à Sancoins s’est bien passée ?
David : C’était un stress plus pour moi que pour lui ! Car
lui était habitué à être en box et à l’attache ! C’était mon
premier concours et j’appréhendais un peu le passage sur le
ring. Mais comme il était habitué à être attaché et avait
assimilé que tirer ne sert à rien lorsqu’il est attaché ça a
été tout seul.
Fanny : Quels sont les commentaires que tu as retenu du juge
Jochen Born ?
David : D’après lui, le taurillon manquait de développement
pour être jugé, le fait de l’avoir rentré en bâtiment assez
tôt lui a fait perdre un peu de croissance. Il m’a dit qu’il
souhaiterait le revoir. Il y avait 2 sections lors du
concours le taurillon a finit 3 e de sa section lors du 1 er
tour.
Fanny : Est-ce que le concours a orienté ou conforté tes
choix d’élevage ?
David : Le concours m’a permis de voir des animaux très
développés, même si ce n’est pas forcément le type d’animal
que je cherche pour mon élevage. Mon taurillon avait un très
bon GMQ, ce qui m’a rassuré sachant que c’était le veau
d’une génisse. (Tous les animaux ont été pesés à Sancoins).
La participation est à la portée de tout le monde. Pour
nous c’était les vacances ! On a pris 3 jours, on a pu rêver
et échanger avec les autres adhérents. Je pense qu’il est
important d’avoir de très beaux animaux (conformation,
aplomb, caractère etc..) mais que c’est compliqué pour un
élevage débutant de n’avoir que des animaux comme cela : les
beaux animaux ont un prix (qui est justifié). Investir dans
quelques animaux de haute qualité permet d’améliorer sa
lignée au fur et à mesure. Si on avait que des bonnes
vaches, ça serait trop dur de choisir les animaux destinés à
la boucherie ! On travaille toute l’année dehors quasi en
plein air intégral, avec des conditions climatiques
différentes suivant les régions, mais on est presque tous en
alimentation herbagère intégrale.
Fanny : Quel est l’avenir de ce taurillon ?
David : Il est à vendre, mais s’il ne part pas je le garde.
Je souhaite avoir un seul taureau mais un bon !
Fanny : Est-ce que tu peux nous dire où on peut vous trouver
?
David : La chévrerie de Felsenbach, vous pouvez suivre nos
actualités sur les réseaux sociaux. On travaille avec des
AMAP (Cerney et Wittelsheim), pour l’instant on n’a pas
encore de produits d’Highlands à vendre, mais très bientôt.
On a un point de vente situé à Lautenbach dans l’ancienne
scierie le Samedi, Dimanche et Lundi de 14h30 à 19h. On a
également 3 petits points de vente dans des magasins de
proximité.
Fanny : Et est-ce que tu penses participer au prochain
concours ?
David : J’hésite entre le sommet de l’élevage, et le
concours de Saint Flour. Les 2 sont loin, mais je suis
vraiment motivé pour y participer, il faut que je trouve un
remplaçant et voir comment je m’organise.
Merci David de nous avoir accordé du temps pour cette petite
interview.
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