FHCS Newsletter mensuelle – Août 2023

NEWSLETTER
mensuelle
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Le 8. septembre 2023

Chères adhérentes, chers adhérents,

Contenu

  • Sommet de l’élevage à Cournon du 3 au 6 octobre 2023
  • Concours national adultes 2023
  • Avancement du logiciel
  • Dossier OS
  • Rencontre avec David Grunenberger


    Sommet de l’élevage à Cournon du 3 au 6 octobre 2023

    Six animaux représenteront la race Highland lors de ce grand rassemblement, n’hésitez pas à venir nous voir sur notre stand. Si vous êtes intéressés pour nous aider à animer le stand pendant une journée, vous êtes les bienvenus ! Vous pouvez nous le faire savoir en nous envoyant un mail à contact@fhcs.fr

    Concours national adultes 2023

    Fête de la graine à la soupe Concours National Adultes 2023

    Notre concours national aura lieu le dimanche 22 octobre à Saint Flour dans le Cantal.  Nous sommes très heureux et honoré d’accueillir Liz Shaw pour juger notre concours adultes 2023, qui a travaillé dans plusieurs élevages tels que Pollok, Killochries ou encore Goldenberry. Elle a déjà participé à de nombreux évènements, notamment aux ventes à Oban, au Royal Highland Show et a déjà jugé plusieurs concours en Grande Bretagne, Allemagne ou Danemark. Cela sera donc sa première venue en France.
    Les catégories autorisées seront :

    • mâles 2020
    • femelles 2020
    • mâles 2019
    • femelles 2019
    • mâles 2018 et avant
    • femelles 2018 et avant
    • vaches suitées

    Nous vous apporterons plus de précisions sur la prochaine newsletter, vous pouvez d’ores et déjà commencer à entrainer vos animaux et nous espérons vous voir nombreux lors de cet évènement ! Vous êtes également les bienvenus si vous souhaitez nous aider lors de cette journée.

    Avancement du logiciel

    Notre projet d’obtenir un logiciel semblable à celui de la Highland Cattle écossaise a malheureusement rencontré un problème : le fournisseur du logiciel a perdu son développeur et doit abandonner le projet, après avoir travaillé dessus pendant plusieurs mois. Ceci est clairement regrettable, nous avons donc trouvé une entreprise française qui propose un logiciel de gestion de troupeau, également intégré au système de l’Institut de l’élevage. Cependant, de plus amples détails doivent être encore élaborés à ce sujet que nous vous présenterons lors des prochaines newsletters.

    Dossier OS

    L’équipe du CA travaille actuellement sur l’avancement de l’Organisme de Sélection Highland, nous vous ferons parvenir des informations très prochainement.

    Rencontre avec David Grunenberger

    Interview : rencontre avec David Grunenberger, éleveur de chèvres et de vaches Highland Cattle dans les Vosges (88).

    paturage David

    Fanny : Merci de nous accorder un entretien pour nous parler de tes méthodes d’élevage et de tes impressions sur le concours de Sancoins. Peux-tu te présenter ?
    David : Je suis installé seul depuis octobre 2018 après la reprise de l’exploitation familiale.  L’exploitation est située à 700 mètres d’altitude, j’élève 32 chèvres laitières, une dizaine de chevrettes, 26 brebis, et une dizaine d’agnelles. Toute la production est transformée en yaourt et fromage frais. On est passé en monotraite depuis peu pour se décharger en travail.  Ma conjointe fait actuellement une formation pour me rejoindre sur l’exploitation.

    Fanny : Depuis quand as-tu démarré l’élevage d’Highland Cattle ?
    David : En 2018, j’ai démarré avec un troupeau difficile ; animaux pas ou peu domestiqués, très peu conformés, avec les problèmes qui en découlent (contention…), j’ai cherché à acheter d’autres animaux mais ils étaient hors de prix. De ce troupeau, j’ai gardé 2 génisses que j’ai apprivoisées suffisamment pour pouvoir les faire marcher au licol.
    Et je suis reparti de ces 2 génisses, j’ai ensuite acheté un taureau, une autre vache, et 2vaches en Belgique, je possède 14 animaux actuellement. Mon objectif est d’atteindre les 10 mères (5 actuellement).

    Fanny : Quels sont les débouchés prévus ?
    David : La viande mais pas seulement !  Mon exploitation se situe en montagne avec des parcelles non mécanisables. C’est vraiment la grande pente, un quad peut passer et encore il faut s’accrocher !  Nous avions 2 hypothèses pour broyer les refus après le passage des chèvres : La possibilité d’acheter un broyeur à 15 000 € avec les contraintes de temps de travail que cela induit (32 hectares à entretenir avec des rochers dans certaines parcelles), ou acheter des Highlands.  J’ai préféré investir dans les vaches, plutôt que dans des machines ! Cela me semblait plus cohérent par rapport à ma philosophie d’élevage. Mon exploitation est peu mécanisée c’est un choix. Je préfère investir dans des animaux que dans des engins.  Aussi, on avait un problème de parasitisme sur les ovins, malgré qu’on ne soit pas en bio notre objectif est d’utiliser le moins possible de vermifuges. On a fait évoluer nos pratiques, notamment à travers le pâturage tournant sur nos chèvres laitières, elles restent en général 2 à 3 jours par paddocks, on ne les laisse pas raser les parcelles justement pour limiter le parasitisme. Cette année nous n’avons pas encore vermifugé nos chèvres. La problématique avec les vermifuges sur les chèvres laitières est que les vermifuges qui fonctionnent le mieux nous obligent à jeter le lait pendant plusieurs jours, et comme il s’agit de notre activité principale, moins on en jette mieux on se porte !

    Fanny : Peux-tu nous en dire un peu plus sur la cohabitation chèvres / Highlands ?
    David : Ce sont des parcs de 50 à 70 ares, les chèvres n’y restent que 2 à 3 jours alors que les Highlands (5 vaches 1 taureau 4 veaux) qui suivent y restent encore 1 semaine. Je n’ai pas problème de parasitisme sur mes vaches pour l’instant. J’ai fait des coprologies qui se sont révélées très correctes. A l’avenir j’aimerais mettre des bœufs derrière les chèvres, actuellement je ne pousse pas les highlands à raser la parcelle pour ne pas pénaliser la croissance des veaux (vaches en lactation).

    Fanny : Et justement comment tu clôtures tes parcelles ?
    David : On est en clôture Nylon, on a beaucoup de propriétaires qui nous louent des terres de manière précaire.
    clôture

    Fanny : Les chèvres sont réputées pour ne pas respecter les clôtures, tu arrives à les y tenir ?
    David : Oui en général pas de problème, ces temps-ci la météo très sèche fait que la prise de terre est moins bonne mais notre système de pâturage tournant fait qu’elles ont de l’herbe fraîche à manger chaque jour, du coup peu de tentations !  

    Fanny : En mars 2023, l’association a organisé un concours Jeunes bovins à Sancoins, c’était ta première participation est ce que tu peux nous parler de ton ressenti ?
    David : Je me suis beaucoup intéressé à la génétique et je souhaitais savoir si j‘allais dans la bonne direction. Mon but c’est d’avoir 8 – 10 vaches mais de bonnes vaches !  Pour mon élevage je cherche un type d’animaux courts sur pattes, avec de très bons aplombs et avec une bonne qualité bouchère, mon objectif est d’en vivre. Compte tenu des spécificités de mon élevage (altitude, pente, pas d’herbe de fin octobre jusqu’à avril), la rusticité est également primordiale.  Le veau que j’ai envoyé avait un bon GMQ, et pourtant il a été nourri 100% à l’herbe.  J’ai également été motivé par un membre du conseil d’administration.

    Fanny : Est-ce que tu complémentes tes animaux à un moment donné ?
    David : Au sevrage, je complémente avec un peu de granulés sans OGM, un aliment pour les chèvres à 18 MAT à hauteur de 100 à 200 g (puis passage de 200 à 100g/ jour), ce qui permet aussi de domestiquer les veaux plus facilement.  Je donne un peu de pain aux vaches afin de garder un lien avec les animaux et ainsi de faciliter les transferts, le pain n’est pas forcément bon pour leur organisme et cela les rend complètement fadas, alors je passe progressivement aux granulés.  On déplace beaucoup nos vaches, on a des parcelles éloignées et il y a des chemins à traverser, des routes, des parcelles à côté des brebis etc. La docilité des animaux est donc primordiale pour pouvoir travailler sereinement.

    Fanny : Quels ont été les critères pour sélectionner un animal pour le concours de Sancoins ?
    David : J’avais un seul veau entier, il était beau ! Sa mère a une bonne génétique avec une bonne conformation, une bonne croissance, de bons aplombs. Son père avait également une bonne génétique. Je me suis dit c’est le moment ! Le but était de participer et même si on est dernier, l’objectif est de se comparer par rapport aux autres animaux pour pouvoir avancer.

    Fanny : Qu’est-ce que tu appelles bonne génétique justement ?
    David : La grand-mère du taureau a été importée d’Ecosse parmi les premières vaches.  Nous, on est tous les jours avec nos animaux, on ne voit pas les choses grandir, on ne voit pas les choses se développer d’un même œil qu’un avis extérieur.  Il y avait 7 taureaux 2022 dans la catégorie à Sancoins. De les voir tous alignés nous permet de savoir si on ne fait pas de surpâturage (si les mères ont eu assez de lait pour nourrir leurs veaux), de pouvoir les comparer les uns avec les autres, d’évaluer les capacités laitières et la croissance de différentes lignées. Un concours il n’y a rien de mieux pour pouvoir comparer.  Cela nous permet également d’avoir l’avis d’un juge international et de nous améliorer afin de savoir quels sont les critères sur lesquels il faut travailler. Selon moi, en France, on a beaucoup de territoires différents, et par conséquent beaucoup de typologies différentes d’animaux.  On cherche tous la bête adaptée à notre environnement, un animal en Bretagne ne sera pas forcément adapté à un territoire montagneux. En Allemagne les animaux sont beaucoup plus linéaires, le paysage est plutôt plat. En Belgique, il n’y a pas non plus de grandes différences d’un élevage à un autre. En France, d’un élevage à l’autre les différences sont vraiment importantes. Cela nous permet de définir nos goûts.

    Fanny : Est-ce que tu as fait des choses spécifiques pour la préparation au concours ?
    David : Par le passé, j’ai rencontré des difficultés avec une génisse qui ne respectait pas les clôtures, j’ai passé jusqu’à une journée entière pour la récupérer. Cela a été ma première motivation pour la manipulation des animaux, ne plus être sur le qui-vive, ne plus devoir courir après des animaux craintifs. Je ne voulais plus être stressé lors des contentions pour des interventions par des vétérinaires ou par moi.

    Fanny : A quel âge as-tu sevré ce veau ?
    David : Je n’ai pas vraiment d’âge pour le sevrage. En l’occurrence ce veau a été sevré à 8 mois, sa mère commençait à le chasser, je n’avais pas envie qu’il perde de l’état. On l’a rentré en box, mis au foin, complémenté avec un peu de granulés. Puis on l’a mis à l’attache dans la journée. Il a rapidement compris et au bout d’une heure il a arrêté de tirer.  C’était un veau que je n’arrivais pas à approcher au champ.

    Fanny : Et pour l’apprentissage au licol ?
    David : On leur apprend à marcher avec un seau progressivement 5m puis 10m puis 15 etc… C’est important d’avoir un bon point d’attache. C’est un travail pour la toute la vie, qui permet de se sécuriser face à des animaux qui sont quand même puissants.

    Fanny : Et combien de temps tu penses que ça prend pour obtenir des résultats ?
    David : Tout dépend de l’âge auquel on démarre et de la période. J’ai déjà fait sur des animaux d’un an et demi et cela m’a pris entre 3 et 4 mois pour qu’ils marchent bien au licol.  Lorsque l’on prend les animaux au sevrage, l’animal a perdu ses repères, il est plus facile de le domestiquer tout en gardant en tête qu’il y a des animaux qui ne sont pas domesticables (un faible pourcentage mais il existe quand même). En 1 mois et demi il savait marcher au licol, puis une semaine avant Sancoins on a repris le travail. Il était resté en box pour faciliter le travail.

    Fanny : Qu’utilises-tu comme matériel ?
    David : Avant j’utilisais les licols Decathlon, désormais j’utilise les licols vendus par l’association, ils sont très costauds et serrent bien la mâchoire ce qui permet d’obtenir des résultats plus rapidement.

    Fanny : L’arrivée à Sancoins s’est bien passée ?
    David : C’était un stress plus pour moi que pour lui ! Car lui était habitué à être en box et à l’attache ! C’était mon premier concours et j’appréhendais un peu le passage sur le ring.  Mais comme il était habitué à être attaché et avait assimilé que tirer ne sert à rien lorsqu’il est attaché ça a été tout seul.

    Fanny : Quels sont les commentaires que tu as retenu du juge Jochen Born ?
    David : D’après lui, le taurillon manquait de développement pour être jugé, le fait de l’avoir rentré en bâtiment assez tôt lui a fait perdre un peu de croissance. Il m’a dit qu’il souhaiterait le revoir. Il y avait 2 sections lors du concours le taurillon a finit 3 e de sa section lors du 1 er tour.

    Fanny : Est-ce que le concours a orienté ou conforté tes choix d’élevage ?
    David : Le concours m’a permis de voir des animaux très développés, même si ce n’est pas forcément le type d’animal que je cherche pour mon élevage. Mon taurillon avait un très bon GMQ, ce qui m’a rassuré sachant que c’était le veau d’une génisse. (Tous les animaux ont été pesés à Sancoins). La participation est à la portée de tout le monde.  Pour nous c’était les vacances ! On a pris 3 jours, on a pu rêver et échanger avec les autres adhérents. Je pense qu’il est important d’avoir de très beaux animaux (conformation, aplomb, caractère etc..) mais que c’est compliqué pour un élevage débutant de n’avoir que des animaux comme cela : les beaux animaux ont un prix (qui est justifié). Investir dans quelques animaux de haute qualité permet d’améliorer sa lignée au fur et à mesure.  Si on avait que des bonnes vaches, ça serait trop dur de choisir les animaux destinés à la boucherie ! On travaille toute l’année dehors quasi en plein air intégral, avec des conditions climatiques différentes suivant les régions, mais on est presque tous en alimentation herbagère intégrale.

    Fanny : Quel est l’avenir de ce taurillon ?
    David : Il est à vendre, mais s’il ne part pas je le garde. Je souhaite avoir un seul taureau mais un bon !

    Fanny : Est-ce que tu peux nous dire où on peut vous trouver ?
    David : La chévrerie de Felsenbach, vous pouvez suivre nos actualités sur les réseaux sociaux. On travaille avec des AMAP (Cerney et Wittelsheim), pour l’instant on n’a pas encore de produits d’Highlands à vendre, mais très bientôt. On a un point de vente situé à Lautenbach dans l’ancienne scierie le Samedi, Dimanche et Lundi de 14h30 à 19h. On a également 3 petits points de vente dans des magasins de proximité.

    Fanny : Et est-ce que tu penses participer au prochain concours ?
    David : J’hésite entre le sommet de l’élevage, et le concours de Saint Flour. Les 2 sont loin, mais je suis vraiment motivé pour y participer, il faut que je trouve un remplaçant et voir comment je m’organise.
    Merci David de nous avoir accordé du temps pour cette petite interview.



     

     

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    French Highland Cattle Society, c/o Emeric Deraëdt, Chez Pion, 63290 Lachaux, France, contact@fhcs.fr






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